Historique de l'APLD 91
Association Pour Le Développement du 91 Quai de la Gare dans l’Est Parisien
(91 Quai de la Gare étant l'ancienne adresse des Frigos).

A ce jour, l’association a reçu l’adhésion de plus de 900 personnes de toutes professions et plus de 5000 signatures de soutien.
Elle n'a jamais reçue de subventions publiques.

BREVE HISTOIRE DE l'APLD
A la fin des années 80 les Frigos, propriété de la SNCF, sont entièrement mis en location.
Ils se situent dans une immense friche, semi désertique, qui va du métro "Quai de la Gare" jusqu'au périphérique. Anciens entrepôts frigorifiques construits en 1920, desservis par les trains de marchandise (poisson et viande), ils ont été désaffectés puis abandonnés dans les années 60.

Les surfaces louées n'ont pour la plupart pas de fenêtre. Des tuyaux en fonte encombrent les plafonds et autres endroits peu accessibles. L'éclairage est quasi inexistant, le confort sanitaire se résume à une arrivée d'eau.
Les preneurs -cela se fait d'une façon spontanée- sont des artiste et créateurs (petites entreprises artisanales par exemple) qui s'investissent dans des travaux gigantesques pour transformer d'anciennes chambres froides en atelier.

1992 : Jean-Paul Reti, Paolo Calia et Jean-René de Fleurieu, tous trois locataires au 91 Quai de la Gare (ancienne adresse des Frigos), fondent APLD 91. Jean-Paul Réti, président pendant une dizaine d’années, y jouera un rôle important.

Cette Association a pour premier objectif d’empêcher la destruction du site et le déménagement de ses locataires dans les Grands Moulins de Paris, comme le propose alors Jacques Toubon, maire du 13ème arrondissement et Président de la SEMAPA (Société mixte créée pour l’aménagement des 120 hectares de la ZAC Paris Rive Gauche)
 photos : E. St-Chaffray
En 1995 le "91 Quai de la Gare" fête ses 10 ans. Sur ces photos prises depuis un atelier à l'est du Frigo on voit l'espace public avec à sa gauche les ateliers "Mitjavile" et à sa droite des voies de chemin de fer aujourd'hui démantelées. Au fond les Grands Moulins de Paris desservis par le train. (2 photos : E. St-Chaffray).
1997 : une partie des ateliers (Mitjavile) situés sur un vaste terrain au pied du grand bâtiment des Frigos est partiellement détruite par un incendie puis ces ateliers sont définitivement rasés à la demande du propriétaire (la SNCF). La destruction de « Mitjavile » précède celle de la « Maison Rouge » située sur ce terrain.
APLD demande la restitution de tous les mètres carrés supprimés au « 91 Quai de la Gare », et exige la préservation de toutes les surfaces restantes;

L’un des projets d’urbanisme visait à démanteler cette partie des bâtiments pour faire passer une rue.

Dès 1997 APLD réussit à faire entendre sa voix aux réunions de concertation en imposant sa présence. 

APLD, en partenariat avec d’autres associations, s’investit dans les projets et l’aménagement du chantier Paris Rive Gauche : demande de logements, d’espaces publics et d’espaces verts supplémentaires, défense du patrimoine industriel etc. A ces revendications constantes s'ajouteront au fil du temps d'autres demandes comme celles de PME-PMI d'activités, le respect des normes HQE…

APLD organise, co-organise ou participe à des manifestations de rue, occupations de terrain et campagnes de presse (150 articles, des heures de télévision et de radios ont été consacrés à ces batailles), souvent doublées d’événements culturels, et dépose des recours auprès du Tribunal Administratif.

C’est ainsi qu’ont été obtenues la coupure en deux de l’édifice MK2 et celle de l’immeuble Capital et Continental (entre les Frigos et la Seine) afin d’y aménager un passage public.

2000 : « Ca germe dans le béton » : occupation du terrain entre les Frigos et la Seine pour faire annuler le projet d’immeuble de bureaux (Capital et Continental-la Sequana) qui ne correspond pas au cahier des charges. 14 associations et des habitants du quartier y participent. Sont présents sur le terrain également certains de ceux qui seront élus en 2003.

2001 : « Ca fleurit dans le béton » : suite de l’action précédente. Un cirque déploie son chapiteau sur le terrain occupé. Le Conseil Municipal du 13ème arrondissement vote majoritairement contre le projet Capital et Continental. Le permis de construire est annulé. Le constructeur dépose une demande de permis modificatif qui sera acceptée.

Le nouveau projet est loin  de satisfaire les plaignants : la volumétrie est trop imposante. Le procès intenté par APLD et d’autres associations est perdu sur la forme tandis que le fond n’est pas jugé. La construction des bureaux Capital et Continental commence en 2003.

L'immeuble Capital et Continental  devait être un bloc compact. Il a été finalement coupé en deux.

2003 : La nouvelle équipe municipale acte le principe de reconstruction des ateliers détruits dans les années 90, soient 4000 m2 à réaliser à proximité des Frigos et non éparpillés dans le 13ème comme cela aurait pu se faire.

2004 : RFF (Réseau Ferré de France) a été créé, entre autre, pour commercialiser un nombre important d’immeubles appartenant à la SNCF. Les Frigos sont mis en vente.
La Mairie de Paris se porte acquéreur de l’ensemble le 1er Janvier 2004 pour 5.7 millions d’Euros. Cet achat est conforme aux promesses faites avant les élections.

La Mairie perçoit depuis cette date nos loyers.

(En 2005 les loyers vont de 500 à 2300 Euros, pour 87 surfaces, aménagées en ateliers aux frais des occupants). L’opération est rentable. APLD s’implique dans l’élaboration de nouveaux baux (voir chapitre à ce sujet).

APLD continue de s'opposer à l’implantation d’un immeuble de bureaux (18000 m2) au Sud des Frigos (projet SEMAPA-Berger sur la parcelle M1D) qui, par sa proximité et sa hauteur (R+8) étoufferait le bâtiment.


Proposition d’un contre-projet qui permettrait de rétablir à Paris un site de création et de production tel qu’il existait sous une autre forme avant les destructions des années 90. Ce site comprendrait le bâtiment actuel des Frigos et, côté sud sur la parcelle M1D, de nouveaux ateliers d’artistes et d’artisans construits autour d’un espace public. La surface de ces ateliers compenserait celle perdue lors de la destruction de la « maison Rouge » et «  Mitjavile » que des politiques se sont engagés à restituer avant d'être élus. Pourraient s'ajouter à ces 4000 m2 restitués de nouveaux ateliers réserves à des PME-PMI d'activité ou bien des locaux dont la destination seraient en relation avec cette idée de "site". L'ensemble induirait des interférences  entre les diverses activités locales, avec des conséquences sociales et économiques positives et durables pour le quartier, pour la ville.
2005 : Fête des 20 ans de création et de production aux Frigos. L'APLD organise une exposition "LES FRIGOS AVANT NOUS". De nombreux documents témoignent de la construction et de l'utilisation des bâtiments entre 1920 et 1960. L'expo montre à quel point ces anciens entrepôts frigorifiques font partie du Patrimoine Industriel de la ville de Paris même si officiellement rien n'a été fait en ce sens.

Le projet Berger est abandonné après de nombreuses réunions entre les différents intervenants. Malheureusement les nouvelles propositions de la SEMAPA ne prennent pas en compte les demandes d'APLD : espace public, création de PME-PMI d'activités au lieu de bureaux, abaissement conséquent de la volumétrie, mise en valeur des Frigos en tant que Patrimoine Industriel… (Voir chapitre à ce sujet)

En revanche l'APLD obtient que la restitution des "4000 m2" se fasse sur ce terrain.

L'histoire d'APLD est aussi faite de constantes en vue de faire connaître les Frigos :
• Participation ou organisation des Portes Ouvertes (1 ou 2 par an) où un nombre important de peintres, sculpteurs, musiciens etc. accueille des milliers de visiteurs depuis plus de 15 ans. En Juin 95 l'association a monté une exposition d’artistes Algériens lors de ces évènements.
• Mise en relation de groupes ou d’individus (Touristes, scolaires, étudiants en architectures, étudiants en cinéma…) avec des créateurs du lieu tout au long de l’année.