Treize Urbain : Attention, emplois sous contrôles !

ARTICLE PARU DANS TREIZE URBAIN – avril 2010

Deux sujets, mais en fait ils sont superposables et se confondent dans notre bataille.
Les services culturels de l’Hôtel de Ville tentent de détourner notre site pour le transformer en ghetto d’artistes sans respecter sa pluridisciplinarité exemplaire.

D’abord le contexte général : quels emplois, quelles activités de production sont nécessaires en plus des autres déjà existantes sur Paris Rive Gauche ? Les débats ont commencé concernant l’aménagement de la dernière grande zone à l’Est de « Paris rive gauche », celle de Masséna–Bruneseau. Un minimum de 100 000 m² de surfaces « d’activités » y est programmé. Bien nécessaire pour l’équilibre des emplois sur PRG. Mais le projet débattu en Concertation ne désigne pas clairement les surfaces en tant que lieux de production. Cette tâche ne peut être confiée aux aménageurs qui restent évasifs sur le sujet. Seuls les élus pourront en décider, puisque c’est bien d’un choix politique qu’il s’agit dans le contexte économique actuel.

Notez et c’est indiscutable que les seuls mètre carrés de ce type à Paris n’existent que sur PRG aux ex-Entrepôts Frigorifiques recyclés en ateliers pluridisciplinaires et proclamés sans que cela soit acté « site de création et de production ».

Depuis trois décennies les 87 ateliers permettent de créer, fabriquer, former, en somme : vivre. D’où la volonté forte et persistante de l’association APLD 91 de vouloir en premier faire reconnaître le site des « Frigos ». Puis, légitimé dans son statut, peser de toute sa notoriété  pour que les m² à créer sur Masséna se fassent pour des professions similaires, si utiles à l’économie de la Capitale. Mais cette légitimation n’arrive pas. A regrets nous devons dénoncer dans ces colonnes les agissements des services culturels de la Ville qui veulent dorénavant désigner les locataires en fonction de la « qualité » de leur travail en les soumettant aux jugements d’un jury. Scandaleux, quand on connaît l’histoire des ex-Entrepôts Frigorifiques. Ce sont de simples locataires qui ont signé individuellement leurs contrats pour des activités librement choisies et exercées grâce aux ateliers qu’ils ont équipés à leurs frais.

Comment la Ville ose transformer sans crier gare une simple location classique en locations « surveillées », appliquant la ségrégation professionnelle ?

Tirer les enseignements de notre expérience, l’améliorer, puis l’appliquer sur le futur secteur Masséna. D’autant que si il y a un endroit adapté aux activités de production c’est bien le dernier secteur à l’Est de PRG à Masséna Bruneseau, puisqu’on y trouve tous les moyens de transport ; rail, route, fleuve. Ne ratons pas cette chance. Réorientons l’aménagement en ce sens pour répondre aux besoins en emplois de ce type. Ceux-ci sont les emplois les plus sûrs et les plus dynamiques construisons leur des surfaces « modestes », de petites dimensions. Limitons les constructions de bureaux déjà trop nombreux dans le secteur. Les tours ne sont pas à la « hauteur » de la situation…

En conclusion

 Pour Masséna-Bruneseau :

Le projet d’Yves Lion a été adopté avant la crise économique. Il faut que l’aménageur tienne compte des nouvelles données et modifie le projet. Ce qui ne semble pas être le cas. Le Samedi de la Concertation d’ici peu permettra aux citoyens de s’exprimer publiquement.

Pour les ex-Entrepôts Frigorifiques et ses ateliers : Là encore il s’agit bien d’une décision politique. Il faut admettre  qu’il s’agit d’un Ovni du point de vue juridique et que sa  reconnaissance administrative dans PRG demande un classement innovant, adapté à sa complexité.

Pour APLD 91 Jean-Paul Reti, Cécile Page, Alexandrine Poinsard